SYMPTÔMES
La PIF peut
présenter deux formes principales :
***
La forme humide avec formation d'épanchements
liquidiens : les cavités naturelles de l'organisme
du chat se remplissent d'un liquide produit par ses
propres cellules du système de défense immunitaire.
Ce liquide qui peut remplir l'abdomen, le thorax, ou
les deux organes, est une gêne dans leur
fonctionnement
- Gêne
respiratoire si le liquide est présent dans le
thorax,
- Problèmes
digestifs si le liquide se situe dans l'abdomen.
***
La forme sèche qui peut atteindre n'importe quel
organe (souvent plusieurs en même temps). Il y a
alors défaillance des organes atteints. Pour le foie
on notera par exemple une jaunisse, des troubles
digestifs...
Les chats
malades de PIF présentent très fréquemment une
uvéite. Les yeux changent de couleur, prennent une
teinte brun rouge.
La PIF se
développe suite à la mutation d’un banal corona
virus entérique, présent chez la majorité des chats.
On ignore par quel processus un corona virus mute.
On soupçonne une prédisposition génétique chez
certains chats qui possèderaient un système
immunitaire se défendant moins bien contre une
infection par un corona virus. Cela ajouté à un
stress important peut favoriser la mutation d’un
corona virus bénin en corona virus pathogène et
déclencher une PIF. Cependant, le pourcentage de
chats positifs corona virus développant une PIF est
très peu élevé (environ 5%).
Dans une
revue de 1999, P.J. Rottier conclut sur l’importance
d’un système immunitaire capable sinon d’empêcher
complètement l’infection, du moins de la contenir au
maximum. Compte tenu des connaissances actuelles, il
semble préférable de ne pas sélectionner une forte
réponse anticorps et de privilégier une bonne
immunité cellulaire (leucocytes et macrophages). Le
problème est qu’aucun test ne permet de contrôler ce
paramètre pour l’instant, et qu’on ne peut donc que
choisir d’écarter de la reproduction les étalons et
les femelles dont plusieurs ascendants et
descendants sont décédés de la PIF.
Cette
approche, basée sur la sélection des lignées a ses
avantages : elle permet de limiter considérablement
la probabilité de PIF si un chaton est placé dans un
environnement corona virus-positif.
Une étude
décrite par K. Hok rapporte le très haut taux de
mortalité de chatons corona virus-négatifs
lorsqu’ils sont placés dans un environnement corona
virus-positif : 90 à 100% des chatons décédés dans
les 2 mois suivant l’introduction des chatons dans
l’environnement contaminé, à comparer avec le taux
de seulement de 2 % à 12 % de mortalité chez les
porteurs de corona virus.
Mais l'on
constate aussi beaucoup de cas de chatons négatifs
qui placés en environnement positif n'ont pas
développé de PIF. Cela démontre qu'en l'état actuel
de la recherche, les causes de déclenchement d'une
PIF sont encore assez méconnus.
Pour
l'instant, on a isolé des facteurs favorisant le
déclenchement d'une PIF :
* La
surpopulation qui favorise la multiplication des
souches virales et leur mutation
* Le facteur
génétique (certains chats sont plus exposés que
d'autres à développer une PIF)
* Le stress
biologique (maladies, chaleurs, gestation)
* FIV et
FELV (les chats positifs ont plus de risques que les
autres de développer une PIF

TRANSMISSION :
Contrairement à une idée reçue, une PIF déclarée
n’est pas contagieuse. Un chat malade de PIF
n’excrète plus de corona virus. On ne peut donc pas
parler de transmission de PIF, mais seulement de
transmission de corona virus.
Les selles
sont la première source de transmission des corona
virus. Les chats se contaminent en partageant la
même litière, en respirant des poussières de selles
lorsqu’ils grattent. Un chat venant d’être infecté
par un corona virus, va excréter pendant quelques
jours, le virus dans sa salive. Un chat
faiblement positif aux corona virus n’est pas
excréteur. Une transmission "in utero" (de la mère
au chaton) n’a jamais pu être mise en évidence. Il
n’y a pas de transmission possible de corona virus
par l’urine.
La
contamination indirecte est difficile mais possible,
si l'on transporte sur soi, sur ses semelles, des
poussières de selles. De plus, un chat en début de
contamination, excrète dans un laps de temps limité,
les corona virus par la salive. En exposition
féline, un tel chat qui éternuerait, pourrait donc
transmettre des corona virus à ses voisins de cage.
On comprend donc la difficulté en élevage, de
maintenir un statut négatif dans sa chatterie...
Les chats les plus souvent atteints sont jeunes ou
âgés et vivent en groupe.
DETECTION DES CORONAVIRUS
Il n'existe
aucun vaccin disponible en France. Le vaccin
existant à l’étranger n’est pas sans danger. Il
existe plusieurs tests de dépistage pour détecter la
présence de corona virus, voici les plus connus :
Le test ELISA :
Il s’agit
d’un test basé sur la détection d’anticorps
anti-corona virus. La détection se fait sur un
échantillon sanguin. La réponse est du type oui /
non. L’inconvénient d’un tel test est qu’il présente
de très nombreux faux négatifs, mais également de
nombreux faux positifs. Il n’est donc pas considéré
comme fiable.
Le titrage
anticorps
:
Sous ce terme
générique, on englobe toutes les techniques
consistant à déterminer le taux d’anticorps
anti-corona virus présent dans l’échantillon
sanguin. A la différence du test ELISA, une
multitude de dilutions de l’échantillon sanguin sont
testés, ce qui permet d’avoir une bonne idée du taux
d’anticorps. Il est important de noter que le
titrage obtenu est variable en fonction du
laboratoire qui le pratique, ce test n’est donc pas
très fiable non plus.
Le test RT
- PCR :
Ce test est
considéré comme le plus fiable pour détecter la
charge virale. Les tests PCR détectent directement
les corona virus, ou plus exactement leur matériel
génétique, l’ARN. La technique dite de RT-PCR
quantitative permet de quantifier avec une
excellente précision le nombre de particules virales
dans l’échantillon.
Il est
capital de comprendre que ce test ne doit pas être
pratiqué sur échantillon sanguin : les corona virus
ne passant pas systématiquement la barrière
intestinale, un tel test présente trop de risques de
faux négatifs. Par ailleurs, contrairement à une
idée très répandue, ce n’est pas parce que le virus
est retrouvé dans le sang que le chat développera
automatiquement une PIF, et inversement… il n’y a
pas de corrélation entre la présence des corona
virus dans le sang et le développement d’une PIF.
Le test
idéal est pratiqué sur écouvillon rectal, mais il
peut aussi se pratiquer sur un échantillon de
selles. Il constitue une « photographie » du statut
du chat (excréteur ou non excréteur) à l’instant où
est prélevé l’échantillon. Pour établir avec
certitude la négativité d’un chat, il convient
d’obtenir 5 résultats négatifs à un mois
d’intervalle chacun.

Le
laboratoire SCANELIS de Toulouse propose un test
ayant un seuil de détection très faible (100
copies). Le résultat est présenté en 6 classes :
*
Négatif : aucun virus n’a été détecté
* Très
faible : virus détecté, mais l’animal n’excrète pas
*
Faible : virus détecté, mais l’animal n’excrète pas
* Moyen :
Virus détecté, chat excréteur
* Fort :
le chat est excréteur de corona virus
* Très
fort : le chat est excréteur de corona virus
Il faut
savoir cependant, qu’aucun test ne permet de dire
qu’un chat développera ou pas une PIF. Un chat peut
avoir un taux élevé de corona virus et être en
excellente santé, vivre 15 ans. Un chat peut
également négativer en éliminant le virus en
quelques mois. Il est important de ne pas céder à la
psychose : Un test positif n’est pas synonyme de PIF
!

DIAGNOSTIQUER
UNE PIF
Pour établir un diagnostic de PIF en présence de
signes cliniques, on peut procéder à un test par
électrophorèse des protéines. Ce test permet de
doser la proportion des différentes globulines
(anticorps, pour simplifier) dans le sang. Le
rapport A/G (albumine/globuline γ) est l’un des
paramètres à mesurer dans le cas d’une suspicion de
PIF. Ce test doit être pratiqué lorsque le
vétérinaire a mis en évidence plusieurs symptômes de
la PIF (abdomen gonflé, abattement, changement de la
couleur des yeux…). Toutefois, ces symptômes
peuvent être également ceux d’autres maladies, et ne
suffisent pas à conclure à une PIF.
En
effet, certaines maladies présentent des signes
cliniques très semblables de ceux d'une PIF. Il
s'agit des pathologies suivantes :
*
Cholangio hépatique (très bon pronostic, mais des
chats furent euthanasiés pour symptômes de PIF)
*
Lymphome
*
Péritonite sceptique
*
Pyothorax
*
Chyolothorax
Pour affiner le diagnostic, le vétérinaire devra
faire procéder en cas de PIF humide, à un
prélèvement pour une analyse en laboratoire, du
liquide d’épanchement abdominal. Si l'état du chat
lui permet de supporter une anesthésie, le
vétérinaire pourra procéder à une biopsie pour une
analyse histologique. Mais le seul moyen 100 %
fiable de conclure à une PIF, est d’effectuer une
autopsie sur le chat décédé. Si l'on peut comprendre
que les particuliers rechignent à s'imposer cette
épreuve après le décès de leur chat, tout éleveur a
le devoir d'y recourir.
On
peut déplorer toutefois que certains vétérinaires
aient tendance à diagnostiquer un peu au hasard une
PIF, quand ils sont en présence de symptômes qu’ils
ne parviennent pas à soigner. Attention, un
vétérinaire qui sur la foi d'un seul test positif en
sérologie conclurait à une PIF, se rendrait
responsable d'une faute professionnelle.

TRAITEMENT
En cas de PIF avérée, quand un
diagnostic poussé, et des examens adéquats, ont
permis d'établir une forte suspicion de PIF,
l'utilisation à forte dose de corticoïdes est
pratiquée. On peut également recourir à des
injections d'interféron. Mais le traitement n'est
seulement que palliatif. La PIF est en effet
mortelle chez 100% des chats malades. Il existe
cependant quelques espoirs de traitements futurs
grâce à de nouveaux médicaments.
LA PREVENTION
Nous avons vu précédemment qu'il est difficile
d'obtenir en élevage, un effectif négatif corona
virus. Toutefois, il est possible de limiter
considérablement les risques de déclenchement d'une
PIF. Nous ne parlerons pas du vaccin, sujet à
controverse et qui à fait l'objet d'études aux
résultats contradictoires. On peut espérer un jour
que le génie génétique mettra en place un vaccin
réellement efficace. Actuellement, des précautions
simples peuvent éviter à une chatterie de faire face
un jour à un cas de PIF dans son effectif.
Limiter l'effectif de ses chats. Plus une chatterie
possède de chats vivants ensemble, plus on augmente
les risques de mutation des souches de corona
virus. Eviter les lignées sur lesquelles on a eu
connaissance de plusieurs cas de PIF. En effet, le
facteur génétique semble jouer un rôle déterminant
dans les risques de développement d'une PIF. Une
litière au minimum pour deux chats. Multiplier les
litières permet en effet de limiter la transmission
des coronavirus d'un chat à l'autre. Il va de soit
que ces litières doivent être correctement
entretenues.

Minimiser le stress du chat
Il
a été démontré que la plupart des chats qui ont
contracté une PIF avaient été exposés à un certain
stress. Les chats ayant une PIF humide (avec
épanchements) ont souvent souffert de stress 2 à 4
semaines avant que la maladie ne se déclare, tandis
que ceux ayant une PIF sèche (sans épanchement)
souffrent de stress qui remonte jusqu’à une année
plus tôt. Il est donc recommandé d’éviter de
stresser les chats dont le taux d’anticorps est
positif, si cela est possible. Éviter, par exemple,
de les changer de foyer ; repousser le moment de les
stériliser et éviter toute opération non vitale ; si
vous devez absolument vous absenter, demandez à
quelqu’un de venir s’en occuper à domicile plutôt
que de les mettre dans une chatterie.
Exemples de situations stressantes pour les chats :
Un changement de foyer/propriétaire
Des nouveaux-venus au sein du foyer : bébé, chien,
autre chat, chaton
Trop de chats sous un même toit
être mis en garderie dans une chatterie
Une opération (stérilisation, un détartrage des
dents)
Un traumatisme (par exemple, un accident de la
route)
Une maladie intercurrente (qui survient en plus de
la maladie déjà existante)
La gestation, la mise bas, l’allaitement
Merci au
Docteur Diane Addie, pour toutes les explications
supplémentaires et très détaillées que vous
trouverez en cliquant sur son site web ci-dessous...